• Clara BL

S'oublier - Partie 1

Ça fait deux ans que je travaille à me retrouver. Que j’ai envie de savoir qui je suis, ce que j’aime. Que j’apprends à me connaître, à prendre soin de moi, à m’aimer. Que je me mets au centre de ma vie, parce que personne d’autre ne peut l’être. Se (re) trouver, c’est mon sujet.

Du coup, je conçois que c’est un peu bizarre d’écrire un article intitulé S’oublier. MAIS, j’ai pas subitement changé de plan cosmique, et s’oublier, c’est une capacité en lien avec le fait de se retrouver. Si ça n’a pas de sens… Ça va venir. ;)

Faisons un petit point, voulez-vous ?

Jusqu’à, un temps pas si lointain, m’oublier, c’était surtout chercher à ne pas être là, ne pas souffrir, ne pas sentir. M’oublier, aujourd’hui, ça ressemblerait plutôt à être tellement là que je m’oublie dans la vie, dans le moment. On peut appeler ça le flow, mais je ne suis pas convaincue par ce mot. #Dontaskmewhy Du coup, j’utilise s’oublier auquel je donne un sens positif.

Commençons par le commencement.

Il y a plein de raisons pour lesquelles on peut choisir — consciemment ou non — de s’oublier d’une manière pas nourrissante. Et elles sont toutes normales.

Quand on comprend que nos expériences forment nos mécanismes alors on peut comprendre que c’est normal de chercher à s’oublier quand être présent a surtout été douloureux. C’est normal de chercher à s’oublier quand c’était notre façon d’obtenir de l’affection alors qu’on était dépendant.e de l’extérieur pour nous la donner. C’est normal de chercher à s’oublier quand nos envies et nos besoins ont été critiqués, quand être nous-mêmes n’était pas bienvenu. C’est normal de chercher à s’oublier quand exister n’est pas joyeux. On cherche seulement à se protéger et protéger nos cœurs. C’est normal. Et on ne peut que se donner plein d’amour et de reconnaissance pour ça.

Chercher à protéger ce qu’il y a de plus précieux en nous, c’est beau, non ?

Ma façon — pas nourrissante — préférée de m’oublier c’était (c’est ?) dans les autres. Une partie de moi adore prendre soin des autres (et à l’extrême, essayer de résoudre les problèmes que je leur attribue pour oublier qui est important pour moi). Non seulement parce que c’est ma personnalité, mais aussi parce que c’est encouragé par la société. Une femme qui prend soin est soutenue, encouragée et admirée parce qu’elle respecte son rôle. (Notons que les hommes ont tout autant de moyens de s’oublier de façon pas nourrissante, et d’être encouragés pour ça par la société, ils sont juste potentiellement différents.) C’est difficile de renoncer à ça.

Nos façons de nous oublier nous apportent des choses dont on a besoin. Même si c’est au détriment de nous-mêmes. On ne sait pas forcément comment obtenir ces choses différemment, et on est souvent persuadé.e que ce n’est pas possible. Sinon, pourquoi on le ferait, n’est-ce pas ?

Alors, on continue à choisir de s’oublier parce que ça nous apporte certaines choses, jusqu’à ce qu’on puisse réaliser que c’est autre chose dont on a envie ou jusqu’à ce que s’oublier devienne trop coûteux par rapport à ce que ça nous apporte. Pour moi, c’est devenu trop coûteux dans une relation toxique. Pour vous, c’est peut-être différent.

Essayer de s’oublier dans les autres, dans la drogue, dans la nourriture, le travail, le sexe, l’alcool, les sorties, les séries, etc. c’est essayer de s’oublier au mauvais endroit, et ça nous laisse toujours moins bien qu’avant. Ça rend notre vie plus petite alors que la vie est faite pour s’étendre.

Et alors qu’on rêve juste de s’oublier, de trouver un espace de paix et de sécurité, tout le travail est de se retrouver. Retrouver ce qui est nous et ce qui ne l’est pas. Aussi bizarre que ça puisse paraître, c’est seulement en apprenant à être avec nous-mêmes à nous connaître, à délimiter notre espace, à se protéger, à s’honorer, qu’on pourra vraiment s’oublier comme on rêve de le faire. S’oublier dans la vie. C’est fichtrement différent.

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