• Clara BL

Regards

Tu es mon corps à moi

Pourtant en dehors de chez moi

Dans le métro, dans la rue

Tu ne m'appartient plus


Quand je suis à l'extérieur

J'ai tellement tellement peur

Je vérifie en permanence

Ce que tout les gens pense


Quand je suis dans mon village

J'ai appris à comprendre sur les visages

Ce que les autres voient comme la vérité

C'est la seule façon de te garder en sécurité


J'aimerais dire que je ne sais pas pourquoi

Mais je sais bien les regards posés sur toi

J'aimerais savoir quoi faire, pouvoir m'en défaire

Mais je ne peux sortir seule de cet enfer


Je t'adore, tu es ma maison

Je vis dans tes sensations

Mais tu deviens dégoûtant

Sous un regard objectifiant


Et je t'aime autant que je te hais

Alors que tu n'a rien fait

Mais j'ai appris que ce que l'autre voit

Est plus important que ce tu vis toi


Toute ces petites choses qui m'atteignent

Je n'avais pas vu, toi tu saigne

Je ne sais pas comment te protéger

D'actions qui ne sont pas ta responsabilité


Parfois, je te couvre de couches inconfortables

Et j'essaie d'éviter tout ces regards intolérables

Mais si le regard des autres, n'a rien à voir avec toi

Alors pourquoi on devrait faire comme si c'était le cas ?


Parfois, je te libère, je te donne la douceur

L'opportunité de te mouvoir avec bonheur

Et nous ne faisons qu'un, toi et moi sommes bien

C'est là que je sais que tu m'appartient


Mais c'est là qu'une seule remarque

Fait le plus mal, laisse une profonde marque

Ces mots là je ne peux pas les séparer de moi

J'ai honte de toi, de moi, de n'importe quoi


Si tu m'appartient alors la honte aussi ?

Si tu m'appartient ce qui se dit de toi aussi ?

Non

Tu m'appartient, je te choisis avant les mots que l'on te dit

Les mots des autres leur appartiennent et c'est ainsi.


Petit à petit, je réalise, ce n'est pas mon corps

Qui est trop ceci pas assez cela, qui a tort

Ce n'est pas mon corps qui est dégoûtant

C'est les regards et les mots de ces gens


Quand je vois ses regards me voir moins

Qu'humaine, c'est vers toi que je reviens

Je me sens dans mon corps, je vis ma vie

Et je rends aux autres leurs inutiles avis.


Mon regard à moi se pose différemment

Je vois chaque jour tout tes mouvements

J'apprends à vivre avec toi, dans ces cellules

Sans ces jugements et destructrices habitudes


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